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VIETNAM # 2

HANOI

 

On ne voit pas le ciel à Hanoi. On se rappelle qu'il existe encore quand la pluie le traverse pour venir détremper cette tumultueuse cité millénaire.

 

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Vietnam 6387 [1600x1200]Hanoi se regarde de mille façons. En scooter le temps d'une course au sein d'une circulation effrayante mais exaltante. Le feu rouge stoppe des dizaines de scooters, motos, vélos, pousse pousse et taxis. Tout se monde s'entasse derrière ce signal lunineux qui en changeant de couleur déversera son flot de véhicules dans d'autres rues dans un capharnaum bien organisé, bruyant et fascinant.

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Vietnam 6431 [1600x1200]On observe Hanoi à bord d'un train de nuit qui chemine parmi les habitats au creux d'un layon tout juste assez large pour laisser passer la machine. A la fenêtre du wagon, on respire l'air doux du soir, happé par la magie urbaine qui opère dans un ballet d'ampoules, de phares et de feux de cuisine. La vie de Hanoi est là, à portée de regard curieux pour voler un instant dans l'intimité des habitants, de cet homme qui fume une cigarette devant le porche de sa maison, de la femme qui fait cuire des grillades dans la rue, du coiffeur qui range ses ciseaux, des enfants qui regardent la télévision. Le train s'ébroue lentement, le temps de toucher les arbres, de sentir le fumet d'un bol de pho, de se laisser porter par les clacs réguliers des rails, le pouls du voyage ferroviaire.

En prenant un peu de hauteur le temps de savourer un jus de mangue à une terrasse, on pourra regarder de plus près les façades des immeubles que seul le temps a fait évoluer depuis 1954. Les couleurs douces et décrépites de jaune, de beige, de bleu et de vert servent de toiles de fond à des orchidées plongeantes, et d'autres plantes dont le nom m'est inconnu. On remarque des centaines de détails gravés dans la pierre, des caractères chinois, des bas reliefs de dragons, des entrelas bouddhistes et des inscriptions françaises, témoins d'une vieille histoire.

Hanoi frémit, grouille, se presse, palpite en un bruissement désordonné et chaotique pour assouvir l'avidité de voir et de découvrir. Des fots, des flux de mouvements et de circulation incessants, des devantures de magasins criant des mots incompréhensibles, les marchandises qui gisent, pendent, croulent sur les étals. Dans le quartier des 36 Rues, on coud, on tape, on forge, on vend, on achète ce que l'on ne peut vendre, on perce, on cisele, on soude, on scande les prix des poissons, des fruits et des légumes depuis le XVème siècle.

Hanoi a la couleur des mangues et des ramboutans que les femmes vendent dans leurs paniers posés en balancier sur une épaule, l'odeur de la viande grillée en brochettes dans la rue, le bastringue d'une langue qu'on ne comprend pas, tantôt agressive, tantôt vindicative, fort peu chaleureuse.

Hanoi fascine et étourdit par ses scènes de vie à chaque coin de rue, ses habitants qui pédalent, hèlent, cuisinent, crient, marchent vite après on ne sait quoi. Rien ne s'arrête, et encore moins le temps. Un tourbillon frénétique.

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Jun0520

 

 


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